Maman Carole... Mama Caro... Mamakao... Carole Lutton,
fondatrice et présidente de l’association, n’aime
pas parler d’elle.
C’est pourtant son prénom qui, décliné phonétiquement
par sa fille, est devenu éponyme de l’association
dont le précepte est : « Petit rêve utopique
d’une paix culturelle alliant l’art à notre
vie, notre petit monde ». Par l’enseignement
des danses et des percussions, par la recherche chorégraphique,
par l’animation et l’éducation, Mamakao
ne rêve pas seulement d’une paix culturelle,
elle y contribue manifestement...
L’association et les interventions
Association loi 1901, Mamakao ne perçoit pas encore
de subventions.... Elle s’autofinance par le biais
des activités qu’elle propose depuis six ans
auprès des scolaires, centre de loisirs et autres
organismes à travers la région Bretagne...« Favoriser
les échanges culturels et développer le dialogue
artistique avec l’Afrique en faisant émerger
et connaître de nouveaux talents »... Tournée à ses
débuts vers la culture ivoirienne, l’association,
par la diversité de ses intervenants et de ses sympathisants,
représente aujourd’hui les cultures de tout
le continent africain, voire sud américain. Cours
de danses et de percussions, soutien et promotion d’artistes,
animations et organisation de représentations participent à la
réalisation de ce projet associatif. Rattachée
principalement au pôle social associatif du Blosne,
où elle met en place la plus grande partie des cours
dispensés à l’année, Mamakao ne
bénéficie toujours pas de locaux dédiés à ses
activités. Depuis trois ans, l’association est
accueillie par la MJC Bréquigny avec qui elle organise
des stages en danse et percussions. Difficile, selon la présidente,
de trouver sa place, de trouver des structures d’accueil
et de multiplier les conventions dans une ville comme Rennes,
où les anciennes associations de danse africaines
sont bien ancrées. Mamakao compte tout de même
70 adhérents en ce début d’année
2007-2008. Parmi eux les inscrits à l’année
mais aussi les participants aux stages, le coût d’inscription
incluant l’adhésion à l’association.
Au niveau des scolaires, l’intervention peut être
ponctuelle ou régulière. Les animations intègrent
une démonstration de danse et de percussions, une
partie d’initiation, d’interaction, ainsi qu’une
sensibilisation à l’histoire et à la
culture africaine. Mamakao intervient également sur
la création et la mise en œuvre de spectacles
avec les enfants...
Création libre
Au-delà de ses activités pédagogiques,
Mamakao développe la création et la recherche
chorégraphique à travers notamment la constitution
d’un spectacle annuel. Un ballet afro « tradi-moderne »,
selon Carole Lutton, pour qui la notion de danse traditionnelle
n’a pas de sens si elle n’est pas directement
pratiquée « au village par les natifs ».
A l’instar de leur dernière soirée « couleur
sang mêlé », Mamakao, inspirée
et influencée par le traditionnel, associe la forme
au sujet choisi. Dans cette même logique de réflexion
formelle et artistique, la confrontation entre l’Afrique
noire et l’Afrique du Nord sera sans doute le thème
de cette année. L’occasion de stigmatiser les
différends, de prolonger le travail entamé sur
l’esclavagisme, avec des représentants des deux
cultures. Les membres de Mamakao planchent actuellement sur
la réalisation d’un événement
plus conséquent. Organisé conjointement avec
des homologues allemands, il regroupera festivités,
ateliers, et spectacles sur plusieurs jours avec des représentants
de tous horizons, le tout, dicté par l’esprit
de partages et de rencontres.
Si Mamakao intègre aujourd’hui un réseau
et un cercle d’amis bien établis, il ne faut
pas se méprendre et confondre affinités avec
communautarisme. Le soutien et la promotion qu’elle
apporte à des artistes locaux et internationaux tels
Fred Ka et Charlie « Profête », l’échange
de musiciens et d’intervenants, l’échange
de compétences avec d’autres associations respectent
les aspirations humanistes de l’association : l’altruisme
et le métissage au détriment de l’individualisme.
Prochain rendez-vous ce dimanche 16 décembre à la
MJC de Bréquigny avec deux stages, l’un en danse
avec Astou Top, une intervenante sénégalaise,
l’autre en balafon. Pour plus de renseignements concernant
les cours, les horaires, les lieux, ou les autres stages à venir,
vous retrouvez toutes les infos détaillées
sur leur site Internet : www.mamakao.org
Remerciements pour le Collectif ASSO'Rennes : www.assorennes.org
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